Étude de cas

Transparency International Trente secondes contre un trafic

Un trafic d'espèces protégées est un sujet long, technique et pénible. Nous avions trente secondes pour le rendre clair sans le rendre inoffensif — et deux scénarios plutôt qu'un, pour l'attaquer par deux angles.

Le contexte

Le trafic d’espèces sauvages et de bois précieux à Madagascar n’est pas un problème de braconnage. C’est un problème de corruption : ce qui fait sortir une tortue ou une grume du pays, ce n’est pas l’habileté d’un trafiquant, c’est une signature au mauvais endroit.

C’est le constat qui a donné naissance au programme Countering Corruption and Wildlife Trafficking, lancé fin 2021 et financé par l’USAID. Il est coordonné par le WWF Madagascar et mené par un consortium : TRAFFIC International, Transparency International – Initiative Madagascar et l’Alliance Voahary Gasy. Le travail porte sur la gouvernance, la surveillance aux frontières et la chaîne judiciaire.

Un programme de cette nature a besoin d’une pièce que ses rapports ne peuvent pas être : quelque chose de court, diffusable, et compréhensible par quelqu’un qui n’a jamais lu une ligne sur le sujet.

Ce que nous avons produit

Deux films animés de trente secondes, destinés aux événements, aux plateformes en ligne et aux postes frontières.

Deux scénarios, pas un film décliné

Nous avons écrit deux scénarios distincts, chacun avec son storyboard complet. Ce n’est pas une précaution de production : le sujet a deux entrées qui ne parlent pas au même public. Ce qui touche un citoyen sur un marché ne touche pas un décideur dans une administration, et un seul film aurait raté l’un des deux.

Trente secondes, la vraie contrainte

Le format est le nerf du projet. Il faut faire tenir un mécanisme — un trafic, ses complicités, ses conséquences — dans une durée où l’on ne peut poser qu’une seule idée.

Chaque visuel et chaque mot a donc été arbitré sur un critère unique : est-ce qu’il fait comprendre, ou est-ce qu’il fait seulement joli ? Un film de sensibilisation qui simplifie trop devient un slogan que personne ne croit ; un film qui explique trop devient un cours que personne ne finit.

Le premier scénario tient sur une image et une phrase — « Un combat pour la survie », sur une terre craquelée où deux personnes replantent.

La marque des bailleurs, intégrée et non collée

L’identité de l’USAID et des partenaires a été intégrée au graphisme dès la conception, et non ajoutée en cartouche à la fin. Sur un dispositif de plaidoyer, savoir qui parle fait partie du message : un film anonyme sur la corruption n’engage personne.

L’image et le son ensemble

L’habillage sonore a été traité en même temps que l’image plutôt qu’après. Sur trente secondes, une musique posée en fin de montage ne rattrape rien ; elle doit porter la montée, ou le film retombe à la vingtième seconde.

Ce que ça change

Ces films ne changent pas une loi et ne stoppent pas un convoi. Ce qu’ils font est plus modeste et plus utile : ils donnent à une coalition d’ONG un objet qu’elle peut poser devant un public, à un poste frontière, ou dans une salle, sans devoir d’abord expliquer pourquoi le sujet la concerne.

C’est le rôle exact d’un film de plaidoyer — non pas convaincre, mais rendre la conversation possible.

La vidéo

Le film, tel qu'il a été livré

Lire la vidéo : Transparency International — un combat pour la survie
La vidéo s'ouvre sur le lecteur Cloudflare Stream.

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