Étude de cas

Ny Sary Une publicité qui tient en trois gestes

Un service d'impression et d'encadrement ne se démontre pas, il se raconte. Nous avons écrit et animé une publicité qui suit un voyageur à travers Madagascar et ramène le geste au seul endroit qui compte : le mur d'un salon.

Le contexte

Ny Sary est un studio photo professionnel installé au centre commercial Akoor Digue, à Antananarivo. On y fait ses portraits de famille et ses photos d’identité, on y puise dans une banque d’images professionnelle, et surtout : on y fait imprimer et encadrer ses propres photos. Le studio vend aussi les cadres.

C’est cette dernière activité qui posait un problème de communication, et il est plus subtil qu’il n’y paraît. Personne ne se réveille en se disant qu’il a besoin d’un tirage encadré. Le service ne répond pas à un manque qu’on ressent — il répond à un manque qu’on ne s’est jamais formulé : les photos qui comptent dorment dans un téléphone, et n’en sortent jamais.

Une publicité qui se contente d’annoncer « impression et encadrement » parle donc à des gens qui ne se savent pas concernés. Il fallait faire l’inverse : donner envie du résultat avant de nommer le service.

Ce que nous avons produit

Un film publicitaire animé, écrit autour de trois gestes — capturer, imprimer, accrocher.

Un récit plutôt qu’une démonstration

Le parti pris a été de rompre avec la grammaire habituelle de la publicité de service, qui montre l’enseigne, énumère les prestations et affiche un prix. Nous avons écrit à la place l’histoire d’un voyageur qui traverse Madagascar et photographie les provinces qu’il découvre.

Le service n’est jamais expliqué. Il apparaît là où il se produirait vraiment, au milieu d’un trajet et d’une vie.

Les trois étapes, portées par le récit

Chaque geste du service devient un moment du voyage :

  1. Capturer — le voyageur photographie les paysages et les instants qu’il croise en chemin.
  2. Imprimer — de retour, il passe chez Ny Sary faire tirer ses meilleures images.
  3. Accrocher — le film se termine sur les photos encadrées au mur, chez lui : l’espace est devenu une galerie personnelle de souvenirs.

Cette progression fait le travail qu’une liste de prestations ne fait pas. Elle montre l’écart entre une photo qui reste dans un appareil et une photo qui occupe un mur — et c’est précisément cet écart que Ny Sary vend.

Une fabrication au service de l’émotion

Le film est une animation, pas une captation : animation 2D et compositing, avec une bande sonore originale. Ce choix n’est pas qu’esthétique. Une publicité tournée aurait dû montrer un vrai voyageur, de vrais paysages, un vrai salon — donc arbitrer entre des visages et des lieux réels, et perdre en chemin l’universalité du propos. L’illustration laisse chacun se reconnaître dans le voyageur.

Ce que ça change

Le film ne présente pas Ny Sary comme un prestataire d’impression. Il le présente comme l’endroit où l’on transforme des souvenirs en objets — ce qui est la même activité, dite dans les termes du client plutôt que dans ceux du studio.

C’est le seul effet qu’une publicité de ce genre peut viser honnêtement : non pas produire des commandes le lendemain, mais installer une envie qui n’existait pas, et laisser au passant devant la vitrine d’Akoor Digue une raison d’entrer qu’il n’avait pas la veille.

La vidéo

Le film, tel qu'il a été livré

Lire la vidéo : Ny Sary — Capture, Print, Hang
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